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20 & 27 mai 2026
Lors des deux derniers conseils d’administration d’Île-de-France Mobilités, les 20 et 27 mai derniers, ont eu lieu les auditions des opérateurs du réseau francilien. Notre administratrice Isabelle Beressi y était présente pour défendre les intérêts des usagers et rappeler les exigences d’un véritable service public des transports.
Audition de la RATP : des travaux d’ampleur à surveiller
La RATP met en avant une amélioration globale de plusieurs indicateurs de régularité. Si des progrès sont constatés sur certaines lignes, notamment la 6 avec le renouvellement du matériel roulant ou la 8 dont la régularité progresse, la situation demeure fragile sur plusieurs axes structurants du réseau, comme la 12 et la 13.
Isabelle Beressi est intervenue pour insister sur un point essentiel : les travaux à venir seront massifs dans les dix prochaines années et auront des conséquences importantes sur les déplacements des usagers. Elle a donc souhaité interroger la RATP sur la manière de concilier ces chantiers avec la continuité du service.
La RATP a assuré qu’elle mettrait tout son savoir-faire pour en minimiser l’impact, notamment en améliorant l’information voyageurs. Nous avons soumis l’idée de nouveaux indicateurs basés sur la satisfaction des usagers en cas de travaux, nous y reviendrons lors de prochains conseils.
RER A et B : des améliorations constatées mais une vigilance indispensable
Concernant le RER B, Île-de-France Mobilités et les opérateurs ont souligné une amélioration de la ponctualité. Le nouveau matériel MI20 est attendu comme un élément structurant de modernisation du réseau.
Mais les difficultés restent nombreuses : vieillissement du matériel, multiplication potentielledes grands événements autour du Stade de France, impacts du chantier CDG Express, accessibilité à améliorer, etc.
Sur le RER A, Isabelle Beressi a de nouveau alerté sur la situation de la branche Cergy, qui demeure la moins performante de la ligne. Elle a demandé des précisions sur les études en cours et le financement des travaux nécessaires pour améliorer durablement l’offre et la ponctualité. Les difficultés sont bien identifiées, il faut maintenant des solutions concrètes pour les usagers.
SNCF Transilien : des réseaux sous tension
La SNCF a présenté une hausse historique de fréquentation du réseau Transilien. Mais parallèlement, celui-ci fait face à des défis majeurs. Parmi eux, les nombreux travaux à prévoir ou encore le changement climatique qui impacte le réseau, sans compter le vieillissement des infrastructures.
Notre administratrice a particulièrement insisté sur les difficultés rencontrées sur la ligne J : la gestion de cette crise n’est pas à la hauteur. Les usagers devront être indemnisés, et la SNCF devra tirer les leçons de cette situation, notamment pour offrir un discours de vérité aux usagers et une information voyageurs à la hauteur.
D’autant que la mise en concurrence risque de complexifier encore une fois la situation. La performance du réseau dépendra de la capacité des acteurs à fonctionner comme un système intégré. L’enjeu n’est donc pas uniquement d’ouvrir le marché comme semble le pense la Présidente, mais de parvenir à une logique unifiée du service public. Nous y veillerons.
Auditions des opérateurs de bus : une mise en concurrence qui montre ses limites
Le 27 mai, c’était au tour des opérateurs du réseau de bus d’être auditionnés : Lacroix-SAVAC, RATP CAP, Keolis et Transdev. Ces échanges ont permis de mesurer les difficultés persistantes malgré les discours optimistes de la majorité régionale.
Des dysfonctionnements persistants sur plusieurs territoires
Plusieurs opérateurs ont reconnu des difficultés importantes sur certaines délégations de service public, notamment en grande couronne. Concernant Lacroix-SAVAC, Isabelle Beressi est notamment revenue sur les dysfonctionnements observés dans le Val-d’Oise. Chez Keolis, les problèmes persistent sur les DSP 23 et 33, avec des difficultés de matériel et de maintenance. Isabelle Beressi a également alerté sur les difficultés de régularité de la ligne 9518, axe pourtant essentiel pour l’accès à l’emploi dans le nord-ouest francilien. Les opérateurs mettent cependant en avant une amélioration progressive des indicateurs.
Une flotte vieillissante et des enjeux de sécurité majeurs
Les auditions ont confirmé plusieurs inquiétudes sur l’état du parc de bus francilien. La question du vieillissement des bus et du faible nombre de véhicules climatisés a été soulevée.
Les problématiques de sécurité ont également occupé une place importante dans les échanges. Keolis a notamment dû revenir sur plusieurs incendies de bus entre 2024 et 2025 ainsi que sur l’accident rarissime et spectaculaire d’un bus tombé dans la Seine. L’opérateur assure avoir renforcé les inspections et les actions de prévention.
Des conditions de travail fragilisées par la mise en concurrence
Les conséquences sociales de la mise en concurrence ont été largement abordées lors des auditions. Le temps de prise de poste est parfois exclu des horaires de travail, imposant des amplitudes horaires importantes. La pression mise aux conducteurs sur les temps de parcours augmente, elle, le risque d’accident.
Les opérateurs assurent disposer d’outils de contrôle et de suivi, mais ces réponses restent insuffisantes face aux inquiétudes exprimées par les agents et les usagers.
Par ailleurs, Isabelle Beressi a réaffirmé auprès de Lacroix SAVAC qu’elle maintenait savigilance quant à ces questions. Le violent conflit social qui a eu lieu à Cergy l’année dernière ne doit pas se reproduire.
Quel modèle pour le réseau de bus francilien ?
Isabelle Beressi a aussi interrogé les opérateurs sur les limites du modèle contractuel mis en place par IDFM depuis l’ouverture à la concurrence. On constate encore parfois des rigidités contractuelles, notamment en grande couronne et dans les zones rurales.
Les opérateurs eux-mêmes reconnaissent que certains contrats ont dû être revus car devenus déficitaires ou inadaptés. Tous soulignent une phase d’adaptation au nouveau système.
Ce retour d’expérience confirme que la mise en concurrence ne constitue pas une solution miracle. Les tensions sociales ou matérielles, tout comme les dysfonctionnements, montrent les limites d’un modèle trop centré sur la rentabilité.
Prochain rendez-vous le 9 juin : Valérie Pécresse a annoncé lors de ces auditions la tenue des « Assises des maires d’Ile-de-France », lors desquelles la nouvelle politique régionale dédiée aux bus sera détaillée. Nous y serons !










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