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- 10 déc. 2025
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10 décembre 2025
Le conseil d’administration de ce 10 décembre a été marqué par l’adoption du budget 2026 d’IDFM. Un budget qui cependant ne répond pas à nos interrogations portées par notre administratrice Isabelle Beressi lors du débat d’orientation budgétaire, qui a donc fait part, à nouveau, de ses inquiétudes.
Une trajectoire budgétaire qui soulève plusieurs inquiétudes
Le budget présenté pour 2026 est dans la droite ligne des orientations budgétaires débattues lors du précédent conseil d’administration, sans surprise. La Présidente présente les mêmes hypothèses optimistes pour justifier une dette qui augmente de manière exponentielle, elle acte les mêmes paris sur un avenir pourtant incertain dans le contexte budgétaire que nous connaissons, et elle choisit toujours la même variable d’ajustement : les usagers. Notre administratrice Isabelle Beressi a donc pris la parole pour dénoncer un budget à la fois injuste et inefficace.
Le rapport de la Chambre régionale des comptes le rappelle : le prix moyen d’un voyage a déjà augmenté davantage que l’inflation mais la contribution tarifaire baisse structurellement. Les seules recettes réellement dynamiques sont les recettes fiscales, qui augmentent de 373 M€ entre 2024 et 2025. Ce n’est pas le résultat de la politique tarifaire. Autrement dit : IDFMfait payer plus cher pour un rendement moindre.
A cela s’ajoute une incertitude sur le sujet de la tarification sociale : IDFM subit une nouvelle fois cette année une baisse de 30 millions d’euros de subvention régionale, dédiée aux plus modestes. Cela force IDFM à trouver d’autres ressources pour maintenir cette tarification sociale. La Présidente a affirmé que la Région refusait de financer la réduction pour les bénéficiaires de l’AME, ce à quoi nous nous opposer fermement. Et cette décision politique coûte donc 30 millions d’euros à IDFM.
Le transport adapté : le combat continue
Le collectif Transporte moi, protège-moi, créé par des parents qui font face à de profonds dysfonctionnements quant au transport de leurs enfants en situation de handicap, a pu rencontrer récemment le Directeur Général d’IDFM. Nous avons profité de ce conseil d’administration pour nous assurer que leurs demandes avaient bel et bien été entendues. Une modification du règlement intérieur doit être présentée en février, pour permettre notamment l’avance de frais. Nous y veillerons, et nous continuerons de porter le sujet, pour parvenir aussi à une meilleure formation des chauffeurs.
Sur le PAM, qui souffre également encore de dysfonctionnements, nous avons obtenu qu’un point d’étape soit réalisé en commission d’IDFM, afin d’avoir tous les éléments en notre possession pour garantir une amélioration du service. Cela va dans la bonne direction, nous vous tiendrons au courant des avancées, qui devront être intégrées dans le contrat prévu en 2026 !
Des évolutions tarifaires une nouvelle fois injustes pour 2026
Les tarifs augmenteront une nouvelle fois en 2026, en vertu du protocole Pécresse-Beaune : le Navigo passera la barre des 90 €, les jeunes subiront une nouvelle augmentation de l’Imagine R et le titre unique à 2 € ou 2,50 € sera lui aussi concernée par cette hausse. Ce n’est pas une « révolution tarifaire » comme se plaît à dire la Présidente, mais bien un choc tarifaire pour les usagers : nous nous dirigeons tout droit vers un Navigo à 100 € dès 2030 !
Sur le sujet, Isabelle Beressi a proposé plusieurs solutions pour que les voyageurs ne subissent cette politique : une renégociation de ce protocole couplée à un gel des tarifs ; la mise en place d’un bouclier social tarifaire pour les jeunes, avec notamment l’extension du tarif réduit, bien en-deçà des standards européens ; le lancement d’une étude pour la création d’un ticket « heure creuse » à 1 € ; …
Et pour financer tout cela, nous avons rappelé que d’autres solutions étaient possibles, comme nous le portons depuis plusieurs années maintenant : taxe sur les poids lourds, taxe sur le e-commerce, relèvement du versement mobilité dans certaines zones franciliennes où les entreprises bénéficient massivement de l’offre de transports, …
La Présidente a une nouvelle fois rejeté l’ensemble de ces amendements : les usagers resteront donc la variable d’ajustement du budget d’IDFM en 2026 !
Une avancée est cependant à noter : la Présidente a accepté, dans le cadre du PDMIF, demettre en place une instance de coordination avec les différents départements, dans le but d’harmoniser les aides départementales au financement du forfait imagine R. Les aides complémentaires accordées par les conseils départementaux varient fortement d’un territoire à l’autre, créant des situations d’iniquité entre élèves selon leur lieu de résidence.
L’objectif de cette concertation serait de favoriser une harmonisation progressive et coordonnée des aides au financement du forfait imagine R, dans le respect des compétences de chacun, en identifiant les leviers disponibles pour une tarification plus solidaire. Cette démarche ne doit pas avoir vocation à uniformiser par le bas, ni à restreindre les dispositifs existants, notamment ceux déployés par la Ville de Paris ou les départements les plus engagés. Elle vise au contraire à élever collectivement le niveau de solidarité territoriale.C’était l’esprit de notre proposition, que nous portons depuis plusieurs années maintenant. Nous veillerons à ce que cela soit respecté !
Prochain conseil d’administration : février 2026. Nous vous tiendrons informés de nos débats, et, en attendant, nous vous souhaitons une bonne fin d’année !

















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